|









| |
Saint Lazare était juif de naissance. Issu d'une
riche et noble famille, il était le fils de Sirius et
d'Eucarie. C'était le frère de Marthe et de Marie-Madeleine, dite la
pécheresse. La famille habitait un château spacieux à Béthanie. Le village de Béthanie, appelé par la suite El Azarié,
était situé à environ cinq kilomètres de Jérusalem, près du mont des
Oliviers.
Après la mort de ses parents, les trois enfants s'étaient
partagé les biens de la succession. La richesse de la famille
explique le prix exorbitant du parfum dont Marie-Madeleine aspergea les
pieds de Jésus.
On raconte que Jésus, quand il passait par Béthanie,
s'arrêtait souvent chez Lazare pour y boire, manger, ou se reposer.
L'évangéliste saint Jean a décrit en détails les
circonstances qui ont permis à Jésus de ressusciter Lazare (Ch.XI, versets
1 à 44).
Lazare, ramené à la vie, demeurera toujours fidèle aux
enseignements du Christ. Lorsque la persécution s'éleva à
Jérusalem, en l'an 35 de notre ère, plusieurs de ceux qui avaient suivi
Jésus furent maltraités, les tout premiers étant Lazare et ses deux
soeurs. Leurs persécuteurs les avaient fait monter dans des barques
sans rames, ni voiles, ni gouvernail, espérant qu'ils se perdissent en
mer. Miraculeusement, le navire aborda à Marseille. Le zèle
confiant de Lazare porta ses fruits et plusieurs Marseillais se convertirent
au christianisme.
Saint Lazare devint le premier évêque de Marseille.
Une tradition immémoriale et corroborée par de nombreux documents affirme
que Lazare, n'ayant pas obtempéré à un ordre des romains l'enjoignant de
rendre un culte aux idoles, fut battu, traîné par toute la ville puis
enfermé dans une prison obscure. À Marseille, des fouilles
archéologiques ont permis de retrouver, à l'intérieur de bâtiments
composant l'abbaye de Saint-Sauveur, l'endroit précis où fut mis en
captivité l'auguste Lazare. Saint Lazare rendit l'âme un 17
décembre. L'année de sa mort n'a nulle part été mentionnée, mais
la tradition veut que le saint ait atteint un âge plus que vénérable.(Photo
de la statue de Saint Lazare, évêque que l'on retrouve dans l'église de
St-Lazare-de-Bellechasse).
Toujours d'après la tradition, saint Lazare mourut
décapité dans la prison même de l'abbaye ou du moins sur la place de
Linche, tout près de l'abbaye. Son corps fut inhumé à Marseille,
dans l'église de Saint-Victor. Lors des ravages des Sarrazins et
autres Barbares, les reliques du saint évêque, gardées dans une châsse,
furent transportées de Marseille à Autun. Marseille garda néanmoins
la tête de son saint apôtre. Détail pour le moins
irrévérencieux: avant la translation des restes, une autre tête fut
adroitement adaptée par un prêtre marseillais au corps de Lazare. On
ne découvrit la supercherie que bien des années plus tard.
Marseille a toujours gardé la tête de saint Lazare.
Encore aujourd'hui, dans la grande église de Marseille, on peut voir le
chef du grand saint, que l'on garde religieusement.
À Autun, afin de conserver les restes de l'illustre
évêque, une église fut érigée sous le vocable de saint Lazare.
Cette église devint par la suite la Cathédrale de Saint-Lazare. La
nef fut dédiée à saint Lazare; l'un des deux bas-côtés à sainte
Madeleine et l'autre à sainte Marthe.
Pendant la Révolution Française, soit vers la fin de
1793, le corps de saint Lazare, vénéré à Autun depuis des siècles, fut
profané comme la plupart des autres corps saints. Les reliques du
saint, tirées de leur châsse, furent lancées pêle-mêle sur le pavé de
l'église, et servirent même d'objets d'amusement à une troupe d'enfants
qui les traînaient çà et là. Pris d'un semblant de remords, les
spoliateurs transportèrent les restes dans le vestibule reliant la
sacristie à l'ancienne chambre du Trésor, où ils restèrent sur le pavé
pendant plusieurs jours. Quelques Autunois en profitèrent pour
enlever successivement divers ossements du saint martyr. Le calme
revenu en France, ces mêmes personnes s'empressèrent de remettre à Mgr de
Fontagne, évêque d'Autun, les reliques. Le prélat, après avoir
constaté leur identité, ordonna, le 18 août 1903, que les restes du saint
soient enfermés dans une châsse. Le 3 septembre suivant, la châsse
fut transportée dans le choeur de la cathédrale et exposée à la
vénération des fidèles.
Extrait de Vie des Saints et Fêtes de toute l'année,
par l'abbé E. Darras, Librairie de Louis Vinès, Paris.
Vous désirez lire un court historique de la
paroisse de 1875 à 2000
ou relire le mot de
notre Curé Gérald
|